Aider à définir les noms de domaine ISO 10646 en français

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L'internet doit supporter les noms de domaine écrit codes ISO 10646 (nomenclature de référence en anglais et en français de l'UCS). Pour ce faire, l'IETF (Internet Engineering Task Force) doit revoir les RFC qui décrivent ce support. Ce travail est par définition ouvert à tous par la simple participation à une liste de diffusion en langue anglaise.

L'enjeu est fondamental pour le français et toutes les langues face à l'anglicisation. Toutefois pour participer utilement et efficacement, il convient de comprendre les aspects techniques généraux, en quoi il est possible d'aider et de participer utilement avec tous les "grands" de l'Internet, et l'aide mise en place pour cela pour ceux qui s'intéressent à la défense du français et des langues de France et vérifier leur respect, mais pas aux échanges de standardisation techniques des protocoles internet.

Contents

[edit] Comprendre la couche présentation

Tout d'abord, il faut comprendre pourquoi ce qui devrait simple ne l'est pas. La solution devrait avoir été immédiate au lieu de patiner depuis huit ans. Elle aurait du être d'utiliser directement les services de la couche présentation (cf. infra) du modèle standard ouvert à sept couches (OSI). Ce n'est malheureusement pas possible. L'Internet n'a pas mis ARPANET à jour, et ne compte toujours que quatre couches, et pas de couche présentation. Il faut donc se débrouiller, mais en étant stable, robuste, fiable. Dans le domaine complexe des écritures.

Au départ, cette couche est destinée à supporter des encryptions entre participants à un même espace spécialisé protégé partageant donc les mêmes référentiels. Exemple : Canal+. En terme Internet et Média, ce genre d'espace protégé s'appelle un "walled garden". Application minute : un internet français avec une version française du IANA et des documents internet.

Plus généralement cette couche permet de supporter des espaces relationnels stabilisés capables de pleinement exploiter les capacités d'échange (sémiotique) de chacun, avec ses protections, référentiels, gouvernance, etc. Ces espaces relationnels peuvent être constitués, à travers l'Internet général comme autant d'Internet thématiques autour d'une langue, d'une culture, d'une ville, d'une famille, du cercle relationnel d'une personne. La structure de technique de tels espaces relationnel est un "externet" : l'équivalent logique d'un réseau externe au sein du réseau (Internet) des réseaux physiques (FAI, entreprise, domestique, etc.). C'est ce que Transpac appelle un groupe ouvert ou fermé d'abonnés. Un exemple est le Minitel qui forme un GFA Minitel forçant au passage par les Points d'Accès Videotexte (PAVI) qui ne peuvent qu'appeler des serveurs vidéotex. Un autre exemple : c'est celui des téléphones mobiles et des téléphones fixes, avec une passerelle comptable entre eux.

[edit] L'enjeu

Pour Internet, l'enjeu de pouvoir, de sécurité pour un système non sécurisé, et de déploiement e-commerce ("English inside") est considérable. Internet est actuellement géré par la persuasion ICANN comme une logique d'espace unique d'échanges, concaténant de multiples réseaux physiques. Pour diverses bonnes raisons, dont le vote unanime des deux Chambres américaines, il est apparu raisonnable que cet unique espace logique sans couche de présentation soit régi par les USA (accord du Sommet mondial sur la société de l'information).

Toutefois, la nécessité à terme d'une couche présentation permettra de renverser la tendance. Les nouvelles possibilités de l'internet qui en émergeront pour l'Internet, l'informatique, toute la virtualité, le développement mondial multilatéral et toute l'innovation de la strate sémantique au-dessus du numérique, seront alors concertées au sein du Forum de la Gouvernance de l'Internet, animé par délégation du Secrétaire Général de l'ONU, et cogérées dans le cadre d'une coopération renforcée entre les entités du domaine régalien, de la société civile, du secteur privé, de la communauté normative et technique, et des organisations internationales directement concernées.

L'on comprend le très fort souci des intérêts dominants à tenter d'enraciner le statu quo par des options nouvelles, plutôt que d'accepter une évolution où le Quartier Latin sera sans doute la nouvelle Silicon Valley. Chacun comprend en effet que dans un univers de plus en plus de parole, un pari européen sur les industries de la culture, un travail français de plusieurs décades pour l'exception culturelle, et une école française de pointe dans ces domaines la francophonie soit tout particulièrement bien placée.

[edit] Le problème de la transition technique

Cela se traduit très concrètement, par une très forte opposition technique entre la "globalization" (mondialisation) - que certains Américains dominants tentent de préserver faute de couche présentation - et une multilinguisation qui est la demande consensuelle des deux Sommets Mondiaux pour la Société de l'Inofrmation, et des Assemblées Générales successives de l'UIT et de l'UNESCO, supportée par le gouvernement et l'industrie américaine, mais que la communauté technique américaine comprend mal.

Il faut donc bien mesurer qu'au-delà d'une joute économique et intellectuelle, qui est réelle, importante et majeure (les cultures contre le "shaping the world" anglo-saxon), il y a un très profond problème d'information des Membres de l'IETF sur un sujet complexe qui n'est pas vraiment leur partie. Il est indéniable qu'ils se sentent bien dans la globalization, et sont désolés que nous ne puissions pas l'accepter. Pour les comprendre, les informer, leur répondre et aussi leur dire "non" quand ils tentent de nous l'imposer, il est important de comprendre ce que sont les deux options de la "globalization" et de la multilinguisation.

[edit] Bien comprendre les options pour bien aider la résolution du problème

[edit] la "globalization" (mondialisation). Les grandes langues par l'anglais.

Cette conception de Mark Davis, co-fondateur et Président d'Unicode; est permise à la suite du grammairien Noam Chomsky; maintenant dépassée pour les hommes, mais qui a très fortement influencé l'informatique, car elles restent valides pour les langages machine. Elle est actuellement admise par l'IETF (standards Internet), le W3C (standards web), le JTC1 (standards "informatiques"), le WLDC qui réunit un certain nombre d'Anglo-saxon(nisant)s de l'ISO TC37. Elle est portée par le consortium Unicode (IBM, Microsoft, Google, Yahoo!, bibliothèques américaines), et bénéficie de l'évangélisme très actif des linguistes/internetistes de Google.

Elle repose techniquement sur le présupposé d'un substrat linguistique universel dont dispose l'anglais comme toutes les langues. Il va suffire de le compléter ("internationalization" - Unicode pour les caractères), de le filtrer selon un étiquetage (langtags) des 150 langues principales (les autres sont reroutées vers la langue leur étant plus "proche" [RFC 4647]) , et enfin de le "localiser" en fonction de l'étiquette de chaque ordinateur pour supporter celle des langues qu'il doit présenter.

[edit] la "multilinguisation" ou l'égale capacité de support de toutes les langues

La "multilinguistique" (http://wiw.de-paris.info/colloque-mltf.pdf Multilinguistica 2008 en préparation) consiste à comprendre, documenter et mettre en place le support technique, politique et sociétal de la diversité linguistique. Il s'agit de traiter de façon égale la capacitation de toutes les langues (ce qui n'interdit pas que culturellement certaines langues n'aient pas un patrimoine ou un soutien plus riche).

Depuis plusieurs années JFC Morfin s'oppose à l'exclusion dominante des internationalisants, afin de préserver l'interopérabilité nécessaire à la transition, et un support progressif de la multilinguisation par le Libre (logiciels, systèmes de référentiels). Mais, l'issue est inexorable : la multilinguisation apportera la couche présentation et donc la fin de l'argument de la stabilité par un contrôle américain. La stabilité viendra d'un contrôle responsable de tous.

Cet ainsi qu'il a pu faire que la RFC 4646 qui traite de l'étiquetage des langues (auteur: Mark Davis Google, et Addison Phillips Yahoo!) devienne suffisamment précise pour rester interopérable. Il a aussi pu tenir tête, dans le cadre de l'ISO à une proposition d'"internationalisation" de la norme ISO 3166. Cette norme assure la stabilité de l'écosystème numérique en donnant la liste des codes pays (ex. .fr pour la France), de leurs langues et écritures administratives, et de leurs dénominations dans ces langues, en français et en anglais. Elle peut être considérée comme le paradigme technique (exemple servant de modèle) de la multilinguisation pratique. L'enjeu était donc de taille. Malgré une prolongation de la période du vote organisé par l'AFNOR, l'internationalisation n'a été supportée que par les seuls USA, UK et Irlande.

[edit] Comment nous aider et aider l'IETF

Tout ceci se traduit aujourd'hui entre un Internet Internationalisé et un Internet Multilingue et Sémantique, tel qu'il résultera du support des noms de domaine linguistiques, car il est nécessaire ensuite que l'approche linguistique soit homogène.

L'enjeu est tellement important que Vint Cerf lui-même met tout son prestige dans la balance et prend la direction du groupe de travail IETF qui doit documenter l'internationalisation des relations entre les applications et le système de nommage (IDNA). L'IETF a déjà publié en 2003 les RFC sur l'IDNA. L'IAB les a discutées, et elle en a décrit des points à revoir avant un déploiement mondial (RFC 4690). Depuis d'autres ont été identifiés et des solutions proposées par les mêmes auteurs. Vint Cerf sait que nous comprenons sa démarche et que nous voulons l'aider, mais pas contre nos besoins de francophones.

La seule attitude constructive, qu'ont déjà engagé les Grecs et les Arabes, est de participer au débat en disant "faites techniquement ce que vous pensez le mieux, mais il faut que vous supportiez tous nos caractères dans des conditions d'usage et de sécurité, et en continuité avec les autres usages [mail, IRI] que nous considérons comme normales".

  • Soit, ils y arriveront et ce sera parfait.
  • Soit, plus probablement, ils n'y arriveront pas, mais ils auront alors bien compris pourquoi. Et la solution leur paraîtra simple.

Ce "pourquoi" est que l'absence de couche de présentation demande deux choses opposées à la fois :

  • convoyer de bout en bout toutes les informations de ce que l'auteur a écrit dans son écriture.
  • oublier la moitié de cette information en route, pour la résolution du nom de domaine en équivalent ASCII pour rester compatible avec les 1.5 millions de serveurs de nommage de l'Internet, dont certains n'ont pas été mis à jour depuis 1983.

[edit] Comment faire pratiquement

[edit] S'inscrire sur la liste IETF et la liste MLTF

Il faut s'inscrire sur la liste du groupe de travail WG-IDNABIS de l'IETF (http://www.alvestrand.no/mailman/listinfo/idna-update) conduit par Vint Cerf. Elle est très technique Internet, pratiquement inaudible, car le débat porte sur une approche probablement erronée. Mais, elle est le lieu des décisions linguistiques et culturelles fondamentales, un "de-Babel" unificateur des langues et des cultures, en raison de la pénétration d'un Internet encore sous la maitrise technique de la seule industrie américaine (en fait peu à peu asiatique sous paradigme américain).

  • De façon pratique, il vaud mieux utiliser une adresse e-mail où vous pouvez recevoir du trafic sans que cela vous gène. Gmail est parfait pour cela, mais l'opposition Unicode peut prétendre que vous êtes un clone de JFC Morfin, à défendre les intérêts du français et de la diversité linguistique.
  • Il est conseillé de s'inscrire ensuite sur la liste modérée du MLTF http://mail.mltf.org/mailman/listinfo/idn_mail.mltf.org. Cette liste a pour but de répondre à vos questions en français et de vous alerter s'il se passe quelque chose d'important.

[edit] Participer au travail de ce groupe de travail en tant que francophone

Il y a deux choses importantes :

  • l'IETF se prononce par consensus raisonnable reconnu par le Président. Il se peut donc que nous ayons à dire "oui" ou à dire "non" à une question de Vint Cerf.
  • l'IETF a besoin d'informations concernant nos spécifications linguistiques, graphiques et typographiques pour le français et toutes les langues de France, tant pour les noms de domaine que pour les adresses e-mail. Nous pouvons avoir à répondre à ce besoin en parallèle des communautés des autres langues. Nous sommes là au coeur véritable de la gouvernance technique de l'Internet et de l'expression de nos droits mondiaux.

[edit] Travailler à l'IETF à la préservation des valeurs françaises

La RFC 3935 qui définit la mission de l'IETF dit qu'elle veut influencer ceux qui construisent, utilisent et gère l'internet pour qu'il marche mieux. A cette fin elle ne développe pas la technologie qu'elle pourrait, mais la technologie qui répond à ses valeurs. Ces valeurs sont techniques et libérales. Elles n'incluent ni les Droits de l'Homme ni d'éthique.

Il est probable que les français voudront préciser ces valeurs pour qu'elles soient porteuses d'universel. L'on comprend bien que si toutes les langues ne sont pas également techniquement capacitables ceci conduira à des discriminations linguistiques et culturelles et à des pertes économiques en terme de développement. Le développement durable en sera affecté si l'on comprend que le gisement "minier" des cultures et de l'expérience accumulée dans la langue, est probablement bien plus économiquement porteur que celui, pourtant non négligeable des minerais, que certains pays n'ont pas.

Il faut aussi que nous apportions une vision mutuelle et d'accueil de la diversité linguistique permettant l'égalité réciproque dans les échanges commerciaux. Par exemple : http://dior.cn n'a pas de contrepartie en France pour un concurrent Chinois désirant avoir son nom de domaine français en écriture Han, ce que est conforme aux accords internationaux.

Nous devons comprendre que pour protéger notre vie privée, nous ne devons pas nous éloigner de la recherche qui permettra un jour prochain d'identifier une personne à son idiolecte. Il faut donc que nos outils de connaissance et de protection soient à ce niveau, capable de protéger, présenter et faciliter l'usage de milliards d'avalectes (les langues de nos avatars et agents informatisés) et pas seulement de cent cinquante anglo-langues. Les pare-feux privés de demain anonymiseront la manière dont nous écrivons et veillerons aux virus sémantiques de la désinformation.

Là est l'avenir réel de tous. Et c'est nous qui préparons ou qui éviterons le "tsunami uniculturel".

C'est ce qu'exprime très bien la RFC 3869 de l'IAB (Internet Architecture Board, les sages des standards Internet). Elle donne les priorités de développement de l'Internet (ne faisant _acune_ allusion aux langues) et explique que si le financement de la recherche internet continue à être uniquement commercial, favorisant des intérêts à courte vue et parfois biaisés, l'internet va à la catastrophe. Nous avons ici une réelle possibilité de conjurer une telle catastrophe.

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